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Entrepreneuriat Des Jeunes En Rdc: Effet De Mode Ou Veritable Revolution Sociale?

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Au vue d’une actualité  brulante et constamment gravitante autour de l’entrepreneuriat  (séminaires, conférences, forums, concours, émissions télévisées, discours politiques etc) tant sur le plan Africain, pour ne pas dire mondial, que sur le plan national; il nous est apparu comme une évidence de nous interroger sur les enjeux de ce phénomène en RDC. S'agit-il d'une véritable révolution sociale ou tout simplement d' un effet de mode?

Commençons par des chiffres: 60% des jeunes en Afrique seraient sans emploi. En outre, tous les ans, ce sont 10 millions de jeunes actifs (donc en âge de travailler) qui rejoignent ce même marché de l’emploi saturé (ou trop peu performant). Bien plus, en 2050, la population d’Afrique subsaharienne aura doublé et dépassera les 2 milliards d’individus.

Cette croissance démographique inédite pose le défi majeur de la création d’emplois, en particulier pour les jeunes. D’ici 2020, des  millions de jeunes entrant sur le marché du travail risquent de rester au chômage. Ce déficit d’emplois représente une menace sérieuse pour la stabilité politique, économique et sociale de la région.

C’est dans ce contexte qu’intervient notre réflexion.  En effet, il semble se dégager un consensus selon quoi l'entrepreneuriat des jeunes apparaît comme la solution à, non pas tous les maux, mais en tout cas une partie de ceux ci.

Ainsi, force est de constater qu'à l'instar de la tendance mondiale, beaucoup des jeunes congolais se tournent vers cette activité, qui n’est finalement pas si nouvelle que cela.

En Amont,  il importe de savoir comment  l’entrepreneuriat est défini. Comme nous pouvons nous  attendre, les propositions sont variées. Pour faire court, les idées qui reviennent le plus pour cette définition sont:

– la présence d’une idée (innovante ou non), afin de combler un besoin du marché,

– la création d’une entreprise (passant par la création d’emploi et de richesses) dans le but de concrétiser son idée.

Nous pouvons constater dans les principales villes du pays (Kinshasa, Lubumbashi, Goma) des initiatives de plus en plus fréquentes et (heureusement/malheureusement?) similaires.

La question qui vient tout de suite à l’esprit est la suivante: Ne sommes nous pas finalement face à un effet de mode accentué par le fait que le pays concentre une forte proportion de « potentiels » créateurs d’entreprise parmi les 18-35 ans? Pour beaucoup, l’initiative apparaît plus comme une nécessité et un véritable besoin de combler des déficiences sur le marché de l’offre et de la demande. Elle vise également à palier la question du chômage des jeunes.

  Pour la majorités des observateurs, l'actuel phénomène de l’entreprenariat des jeunes s’explique par plusieurs facteurs: Un retour de plus en plus conséquent de la diaspora, la volonté de créer des solutions adaptées aux besoins des populations locales, d’où un essor de la créativité dans certains secteurs, la prise de conscience que le secteur public ne peut pas englober toute la masse de jeunes chômeurs. La mise en évidence également de plusieurs success stories, pas seulement relatives au continent, contribue à alimenter le feu de l’entrepreneuriat, ouvrant ainsi la voie vers de nouvelles possibilités à toute une génération.

Malheureusement force est de constater que beaucoup de ceux qui se lancent n’ont pas les capacités et les pré-requis nécessaires pour le faire, au risque de ne pas atteindre les objectifs fixés. Certes, au delà de la passion, la détermination, l'envie de changer les choses et la bonne équipe; la persévérance, des très bonnes capacités à estimer, anticiper et gérer les risques sont indispensables. Aussi, le faible niveau des investissements, l'accès difficile aux financements, le manque de cadre réglementaire plus incitatif sont autant d'autres réalités sur le terrain qui ralentissent ce mouvement social.

Toutefois, il sied de noter que la mise en place de certaines réformes dans divers secteurs (sous traitance, fiscalité, projet de loi sur les échanges électroniques, etc), la mise en place d’incubateur(tant privés que publics), et l'accès à une meilleure information  sur le sujet (grâce à des médias comme Julisha notamment) contribue à faire en sorte que tout un écosystème soit en train de se mettre en place.

En définitif, l’on est tenté de dire que l’entrepreneuriat des jeunes en RDC n'est pas un effet de mode mais plutôt un remède efficace contre l’asphyxie du marché du travail. En outre, seul un meilleur encadrement de l’activité nous permettra de précisément mesurer ses retombées tant économique que sociale sur le pays et de dire qu'une révolution sociale s'est réellement opérée.



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